L’échiquier du mal de Dan Simmons

L’échiquier du mal de Dan Simmons

Un roman qui fait frissonner et qui tient en haleine durant plus de 1000 pages!

Thème :

suspense, science-fiction, thriller, effroi, fantastique, aventure,roman noir, policier, violence, nazis, juif, manipulations, échecs

L’intrigue :

Ils ont le talent. Ils ont la capacité de pénétrer mentalement dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversion et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l’Histoire. Sans eux le nazisme n’aurait peut-être pas été cette monstruosité dont nous avons du mal à nous remettre, les fanatismes de tous ordres ne se réveilleraient pas de façon aussi systématique et nombre de flambées de violence, tuerie, accidents inexpliqués, n’auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent entre eux aussi, par « pions » interposés, à une guerre sans merci. A qui appartiendra l’omnipotence? Sans doute à celui qui aura le plus soif de pouvoir.

3 bonnes raisons de lire   » L’échiquier du mal  » :

  • Machiavélique : voici l’adjectif qui qualifie le mieux ce roman pour moi. Et horreur. Ah, pas celle des fantômes ou des morts vivants qu’on a l’habitude de nous raconter. Non, « simplement » des êtres Humains qui pourraient exister. Ne vous y trompez pas. Vous n’allez pas entrer dans une histoire surnaturelle classique, comme le laisse peut-être penser la 4ème de couverture. Vous aurez plutôt le sentiment d’être dans une terrible réalité!
  • Dan Simmons est un génie de l’écriture : voici un pavé de plus de 1000 pages. Et  il réussit à nous tenir en haleine sur toute sa longueur. Avez-vous déjà été tenu en haleine pendant aussi longtemps?  Thriller, action, fantastique : ce livre va vous garder dans un état de tension jusqu’au bout. Vous allez devenir accros!
  • Le fil rouge du roman c’est le niveau de développement moral des différents personnages. Tous complexes et brossés avec finesse, on est impressionné par la ténacité de certains qui tourne à l’obsession, effrayé par la noirceur d’autres. Mais une chose est sûre : aucun ne peut laisser indifférent. Un seul d’entre eux prend la parole de temps en temps dans ce roman : le pire de tous.

Anecdotes à raconter à la machine à café :

Ce roman, très célèbre parmi les amateurs du genre et les fans de Dan Simmons a reçu le prix British fantasy en 1989, puis le prix Bram Stoker du meilleur roman fantastique et le prix Locus du meilleur roman d’horreur en 1990. Mais je peux vous dire qu’il n’a pas pris une ride!

Une scène en particulier mérite d’entrer dans l’anthologie du thriller : un jeu d’échec auquel se livrent les nazis et dans lequel les prisonniers jouent les pions …

L'échiquier du mal de Dan Simmons est paru également sous un format en 3 tomes.
L’échiquier du mal de Dan Simmons est paru également sous un format en 3 tomes.

Enfin, pour la petite histoire, dans le roman l’échiquier du mal, si William Borden est un ancien nazi reconverti en producteur de cinéma porno, dans la vrai vie, il existe bien un William Borden producteur de cinéma!

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 » L’échiquier du mal  » vous a plu? Pour aller plus loin,

Extrait donnant le fil rouge de l’échiquier du mal : le niveau zéro, l’essence du mal.

« Kohlberg avait découvert sept niveaux de développement moral, censés être indépendants de l’époque, du lieu et de la culture. Le Niveau Un est essentiellement celui de l’enfant : exempt de toute notion du bien et du mal, n’obéissant qu’à ses besoins et à ses désirs, uniquement inhibé par des stimuli négatifs. Plaisir et douleur servent de base au jugement éthique selon un schéma des plus classiques. Au Niveau Deux, l’être humain réagit à la notion de bien et de mal en se conformant aux décisions d’une autorité. Les adultes savent ce qu’ils font. Une personne du Niveau Trois se soucie des règles en vigueur. «Je n’ai fait que suivre les ordres. » L’éthique du Niveau Quatre est dictée par la majorité. Une personne du Niveau Cinq consacre sa vie à créer et à défendre des lois qui servent le bien commun, tout en défendant les droits des personnes dont les opinions sont incompatibles avec le Niveau Cinq. Les Niveau Cinq font d’excellents avocats. Saul en avait connu quelques-uns à New York. Les Niveau Six sont capables de transcender l’optique légaliste des Niveau Cinq et se soucient du bien commun et des réalités éthiques supérieures, indépendamment des frontières nationales, culturelles ou sociologiques. Les Niveau Sept obéissent uniquement aux principes universels. Jésus-Christ, Bouddha et Gandhi figurent parmi les rares Niveau Sept connus. [….]
À sa grande stupéfaction, puis à sa grande terreur, il avait découvert l’existence d’un Niveau Zéro. Il existait des êtres humains n’ayant jamais atteint le stade fœtal et absolument dénués de repères moraux ; même les stimuli plaisir/douleur étaient impuissants à gouverner de telles personnes – si on pouvait encore les qualifier de « personnes ».
Un Niveau Zéro pouvait croiser quelqu’un dans la rue, le tuer par caprice et s’éloigner ensuite sans le moindre remords. Les Niveau Zéro ne souhaitaient ni être capturés ni êtres punis, mais ce n’était pas le désir d’éviter la punition qui guidait leurs actes. Et ceux-ci n’étaient pas non plus motivés par un désir de transgression qui l’emportait sur la peur du châtiment. Les Niveau Zéro étaient incapables de distinguer un acte criminel d’un acte ordinaire ; ils étaient atteints de cécité morale. Des centaines de chercheurs avaient mis les hypothèses de Kohlberg à l’épreuve, mais ses données semblaient solides, ses conclusions irréfutables. À n’importe quelle époque, dans n’importe quelle société, un à deux pour cent de la population se trouvaient au Niveau Zéro du développement moral. »

 Sur l’atmosphère de ce roman

Le niveau zéro dans l’échiquier du mal, ce sont ces êtres doué du Talent, et qui en usent par jeu. S’il n’est pas prouvé que le « Talent » existe; il est en tout cas certain que les êtres au niveau zéro existent bel et bien. Et c’est en cela que le roman vous glace le plus le sang! Le personnage de Willi, l’Oberst Nazi qui a sévi dans les camps de concentration est si proche de la réalité! Mais ce n’est pas le seul exemple qu’on pourrait donner. Et si les actes de violences inexpliqués pouvaient trouver leur source dans ces êtres doués du Talent et sans aucune morale? Quand la fiction se rattache si bien à l’Histoire, quand elle semble si  proche de la réalité, on est emporté par le roman et tenu en haleine jusqu’au bout. Car il devient alors essentiel de savoir comment lutter contre les « niveaux zéro ».

L'échiquier du mal : un jeu d'échecs et de manipulations machiavélique
L’échiquier du mal : un jeu d’échecs et de manipulations machiavélique

La place des échecs dans L’échiquier du mal

Si vous lisez L’échiquier du mal dans le format en 3 volumes, vous constaterez que chacun porte le nom d’une phase du jeu d’échecs : « Ouvertures », « Milieu de partie » et « Finale ». Le jeu rythme le roman et il en est le fil rouge. Deux parties d’échec sont décrites de façon formelle : une au début et une à la fin. Pour cette dernière, Dan Simmons s’est directement inspiré d’une partie célèbre du championnat du monde de 1972. Il y fait référence également à une tactique de jeu, la « défense Tarrasch ». Ironie de l’auteur, le général Nazi va gagner sa partie grâce à cette tactique inventée par un joueur juif!

L'échiquier du mal de Dan Simmons : un jeu, une obsession.
L’échiquier du mal de Dan Simmons : un jeu, une obsession.

L’Histoire et l’histoire de l’échiquier du mal

La force du roman vient également de ce mélange entre réalité et fiction. Pour expliquer leur « Talent », les personnages l’associent aux recherches de Mesmer sur le mimétisme. Des faits historiques sont reliés à l’intrigue : la mort de Kennedy et celle de John Lennon seraient le fait de démonstrations de ceux qui possèdent le « Talent ». Les actes de personnages de personnages historiques seraient expliqués également de cette manière : dans l’échiquier du mal par exemple l’Ayatollah Khomeini serait doté du Talent. Enfin, dans la trame du roman, on croise Henry Kissinger, Ronald Reagan, Jimmy Carter, Helmut Schmidt, Simon Wiesenthal le célèbre « chasseur de criminels nazis », et bien d’autres encore.

En toile de fond, le roman brosse également d’une Amérique des années 80 et de ses mentalités : celle du racisme sudiste encore profondément encré, celle de la population afro-américaine qui cherche encore à se faire sa place ou bien se révolte, celle des guerres de gangs et celle des vétérans du Vietnam, celle des prêcheurs médiatisés et celles des politiques corrompus, et celle de l’immigration clandestine mexicaine.

 

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