La gloire de mon père de Marcel Pagnol

La gloire de mon père de Marcel Pagnol

Le soleil du sud, les cigales, la garrigue, et ce goût de liberté qu’on déguste dans ces vacances d’enfance inoubliables… à lire en vacances ou juste après pour les prolonger encore!

Thème :

souvenirs d’enfance, vacances, Provence, autobiographie, enfants, amitiés, famille, humour, jeunesse

L’intrigue :

1904 – Le petit Marcel vit à Aubagne près de Marseille. Pour la première fois, pour les grandes vacances, il part avec sa famille dans les collines au nord de sa ville. Avec son père instituteur, sa mère, son frère et sa sœur bébé et la famille de son oncle, ils partent à pied pour un grand périple : rejoindre leur lieu de vacances, « la Bastide neuve », maison perdue dans la nature. Pour Marcel ces vacances vont être une révélation : la découverte de la garrigue, de l’amitié, des premiers émois, et une partie de chasse à la « gloire de son père ».

La provence, cadre du roman "la gloire de mon père" et de bien d'autres de ses œuvres.

La Provence, cadre du roman "la gloire de mon père" et de bien d'autres des œuvres de Marcel Pagnol.
La Provence, cadre du roman « la gloire de mon père » et de bien d’autres des œuvres de Marcel Pagnol.

3 bonnes raisons de lire   » La gloire de mon père  » :

  • Quand Marcel Pagnol évoque son enfance, ce sont ses souvenirs de vacances qu’il nous raconte avec sa verve drôle, imagée, et pleine de poésie. On deviendrait vite accro!

La gloire de mon père - souvenirs d'enfance, d'innocence, d'insouciance et de liberté

  • Voila un livre qui sent bon la liberté de ces vacances d’enfance où l’on a le droit de courir partout et où l’on a l’impression que pour la première fois, le monde nous appartient. De quoi nous donner des ailes! Attention, il y a des rayons de soleil dans ce livre, le bruit des cigales, l’odeur du thym et le goût du pastis. Un roman pour se sentir bien, un « feel good book » bien « made in France ».
  • Vous n’avez jamais lu du Marcel Pagnol? Alors dépêchez-vous de vous plonger dans ce roman. Vous y découvrirez des personnages haut en couleur, tendres et touchants, drôles aussi, et si humains! Et si vous connaissez déjà, j’espère vous avoir donné envie de vous y replonger!

 Anecdotes à raconter à la machine à café :

Une anecdote sur le roman

C’est avec sa pièce de théâtre « Marius » que Marcel Pagnol, d’abord auteur de pièces de théâtre va sortir de l’ombre, mais c’est Topaze qui le propulse aux sommets. Puis suivra une grande carrière de cinéaste jusqu’en 1955. A cette date, Marcel Pagnol est en train de s’éloigner du cinéma et le succès n’est plus au rendez-vous. Il commence alors à rédiger ses souvenirs d’enfance.

C’est avec « La Gloire de mon père » qu’il rebondit : dès sa parution, en 1957, est salué comme marquant l’avènement d’un grand prosateur. Joseph, le père instituteur, Augustine la timide maman, l’oncle Jules, la tante Rose, le petit frère Paul, deviennent immédiatement aussi populaires que Marius, César ou Panisse. Et la scène de la chasse à la bartavelle se transforme immédiatement en dictée d’école primaire… Les souvenirs de Pagnol sont un peu ceux de tous les enfants du monde. Plus tard, paraît-il, Pagnol aurait voulu qu’ils deviennent un film. C’est Yves Robert qui, longtemps après la mort de l’écrivain le réalisera.

site officiel dédié à Marcel Pagnol

Marcel Pagnol auteur de la gloire de mon père
Marcel Pagnol auteur de la gloire de mon père

Une anecdote sur l’auteur

Lorsqu’elle allait au marché, sa mère laissait le petit Marcel (seul enfant de la famille à l’époque) dans la classe de son père instituteur. Celui-ci eut un jour la surprise de le voir lire couramment, alors qu’il avait trois ans. Sa mère, inquiète de cette précocité, l’empêcha aussitôt de retourner à l’école avant l’âge requis!

Envie de lire « La gloire de mon père  » tout de suite? Suivez le lien vers le livre :

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Extraits du roman

Si vous ne connaissez pas le style de Marcel Pagnol, voici quelques extraits choisis. Le petit Marcel nous raconte ses découvertes, ses observations, ses réflexions d’enfant, tantôt drôle, piquantes ou poétiques.

« De plus, je découvris ce jour-là que les grandes personnes savaient mentir aussi bien que moi, et il me sembla que je n’étais plus en sécurité parmi elles. »

« Sa langue roulait les « r » comme un ruisseau roule des graviers. »

« Un parfum puissant s’éleva comme un nuage, et m’enveloppa tout entier.
C’était une odeur inconnue, une odeur sombre et soutenue, qui s’épanouit dans ma tête et pénétra jusqu’à mon cœur.
C’était le thym, qui pousse au gravier des garrigues. »

« Mlle Guimard était très grande, avec une jolie petite moustache brune, et quand elle parlait, son nez remuait : pourtant je la trouvais laide, parce qu’elle était jaune comme un Chinois, et qu’elle avait de gros yeux bombés »

« L’âge de mon père, c’était vingt-cinq ans de plus que moi, et ça n’a jamais changé. L’âge d’Augustine, c’était le mien, parce que ma mère, c’était moi, et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour. « 

« Il est permis de mentir aux enfants, lorsque c’est pour leur bien. « 

« Le plus étonnant, c’est qu’il ne s’appelait pas Jules. Son véritable prénom était Thomas. Mais ma chère tante ayant entendu dire que les gens de la campagne appelaient Thomas leur pot de chambre, avait décidé de l’appeler Jules, ce qui est encore beaucoup plus usité pour désigner le même objet. « 

« -Vous allez à la messe le dimanche?
Ca dépend…Quand nous avons la sécheresse, moi je n’y vais pas jusqu’à tant qu’il pleuve. Le bon Dieu a besoin qu’on lui fasse comprendre. « 

« Pour moi, qui savais extraire de mon nez, avec l’ongle de mon index, les matériaux sifflants qui gênaient ma respiration, l’usage du mouchoir me semblait être une superstition parentale. Il m’arrivait parfois de m’en servir, pour faire briller mes souliers, ou pour essuyer mon banc d’écolier ; mais l’idée de souffler du mucus dans cette étoffe délicate, et de renfermer le tout dans ma poche, me paraissait absurde et dégoûtante. Cependant, comme les enfants viennent trop tard pour faire l’éducation des parents, il faut respecter leurs incurables manies, et ne jamais les chagriner. « 

La gloire de mon père - souvenirs d'enfance, d'innocence, d'insouciance et de liberté
La gloire de mon père – souvenirs d’enfance, d’innocence, d’insouciance et de liberté
La gloire de mon père - souvenirs d'enfance, d'innocence, d'insouciance et de liberté
La gloire de mon père – souvenirs d’enfance : le temps des amitiés et des premiers émois

Le succès de la gloire de mon père et la suite

A sa sortie en 1957, le livre se vend à plus de 50000 exemplaires en un seul mois : succès immense. L’année suivant sort « le château de ma mère » qui s’inscrira en tête des ventes de 1958. Paraîtra ensuite :

  • le temps des secrets
  • le temps des amours

qui sont la suite du roman autobiographique de Marcel Pagnol.

Adaptation cinématographique

Si Marcel Pagnol, le cinéaste, souhaitait faire un film de son autobiographie, ce n’est pourtant que bien après sa mort, en 1990, que ses romans seront adaptés au cinéma.

En voici la bande annonce.

Les romans ont également été retranscrits en BD.

 

Anecdote de la source perdue

Dans la « gloire de mon père », il est fait allusion au secret des sources; ces points d’eau précieux dans cette contrée sèche, points d’eau dont on ne révèle l’endroit qu’à des personnes de grande confiance. Le roman raconte une anecdote sur une source qui aurait été perdue parce que le grand-père de Lili avait trop tardé à l’approche de sa mort à en révéler l’emplacement à son fils. Cette anecdote apparaissait déjà dans le film « Manon des sources » sorti en 1952, anecdote racontée par le fameux « Papé », César Soubeyran.

Sur Marcel Pagnol et son attachement à la Bastide neuve

Marcel Pagnol a commencé sa carrière en tant que professeur d’anglais. Mais attiré par les lettres, il quitte son pays natal et part pour la capitale écrire des pièces de théâtre. C’est avec « Topaze » qu’il remporte son premier succès. Nostalgique de sa terre natale, il écrit « Marius » en 1929, et c’est le succès mondial! Un acteur inconnu va également débuter sa grande carrière dans cette pièce de théâtre : Raimu.

Cette même année, Marcel Pagnol a une révélation : il assiste à la projection d’un des premiers films parlants. Pagnol rencontre alors le directeur de la Paramount et après moultes palabres, il obtient que celui-ci tourne « Marius » au cinéma, imposant que les acteurs de la pièce de théâtre soient tous acteurs dans le film. Sorti en 1931, le film sera l’un des premiers succès du cinéma en France. Le succès est immense, les recettes colossales. Le public pousse Pagnol à écrire la suite : Fanny, puis César.

Pagnol se lance alors dans le cinéma. Il achète un vaste domaine au nord de Marseille, dans les collines où il avait passé ses vacances d’enfant, pour en faire son « Hollywood provençal »! Il enchaîne les films à succès jusqu’en 1955, date à laquelle il voit son succès décliner.

Il se tourne alors vers l’écriture et sort deux ans plus tard « La gloire de mon père ». Puis il enchaîne avec Le château de ma mère, le temps des secrets, Manon des sources (roman qui s’inspire du film qu’il avait tourné des années plus tôt), et Jean de Florette. Ces romans l’ont fait rebondir.

Il meurt en 1975 et est enterré à Treille, non loin de la maison de la Bastide neuve… la boucle était bouclée.

 

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