MagnusMens épisode 16 – dystopies françaises offertes

MagnusMens épisode 16 – lecture offerte dystopies françaises

(article « MagnusMens épisode 16 – dystopies françaises offertes » paru pour la première fois en décembre 2017 et mis à jour en aout 2018)

Le mois de décembre est propice aux rêves avec les fêtes de Noël. C’est le mois des cadeaux et du calendrier de l’avent.

Alors j’ai décidé de vous offrir chaque jour un épisode gratuit de mon roman MagnusMens – dystopies françaises (détails du roman ici). dystopies françaises

Oui, si vous venez régulièrement sur ce blog, vous devez savoir que je propose ici de nombreux choix de romans gratuits (célèbres ou pas, classiques ou récents, en tout cas, tous de qualité). Alors, c’est avec un écrit de mon cru que je vous invite à égrainer le calendrier de l’avent et découvrir chaque jour un nouvel épisode de MagnusMens. dystopies françaises

Bon voyage dans l’imaginaire! dystopies françaises

Vous avez manqué l’épisode précédent? Vous pouvez le lire ou le retrouver ici : épisode 15

Vous cherchez d’autres épisodes : reportez-vous en bas de cette page pour tous les liens. Pressé de lire la suite? Revenez chaque jour à 17h pour la parution de l’épisode suivant…

dystopies françaises

Les Immortels dystopies françaises

dystopies françaises

–          Alors P’tits bras, ça t’a plu le labyrinthe ? Tu ne perds pas de temps et nous ne sommes qu’à J-14 ! Ça fait encore de nombreuses occasions d’y retourner, n’est-ce pas ? dystopies françaises

Ce matin, au petit-déjeuner, Ruddy est tombé sur moi. Il sortait du mess avec toute sa bande d’entraîneurs. Ma table était sur leur chemin. J’étais seule. En arrivant à ma hauteur, Ruddy s’est arrêté, fier et arrogant pour me provoquer. Je serre les dents pour me retenir de lui cracher au visage. Il s’approche tout près de ma chaise derrière moi et pose une main sur la table à côté de mon bol, son corps courbé au-dessus du mien : dystopies françaises

–          Un trou à rat pour une souris comme toi, ha, ha, ha ! Et maintenant la petite souris va me répondre avec respect. Tu sais : le salut, le « oui chef ». On recommence. Ça t’a plu le labyrinthe ? dystopies françaises

Il s’est penché sur le côté, son visage tout près du mien, un sourire de conquérant aux lèvres, le regard provocateur. Son haleine lourde souffle sur mon nez des relents de café. Et il me sniffe. Ce serait suicidaire de le gifler. J’ai tendu tous mes muscles pour m’empêcher de bouger et fixé mes yeux sur mon bol.

–          Elle a peur de moi ! dystopies françaises

–          Va au diable, Ruddy !

Et brusquement, son poing s’abat sur la table. En une fraction de seconde, deux de ses acolytes sont sur lui, mains apaisantes sur ses épaules. Il les regarde, se retient, récupère son sang-froid, puis se tourne à nouveau vers moi, le sourire narquois : dystopies françaises

–          Bien. Je constate à ton attitude que cela t’a beaucoup plu ! Je vais avertir Edith qu’elle te prépare de nouvelles surprises dans son labyrinthe ce matin… quinze minutes… C’est peu… Tu y arriveras, tu crois ? Miss onze pour cent…

Et il part en riant. J’aurais juré qu’un fantôme dans ses yeux s’était mis à rire lui aussi…

dystopies françaises

Edith doit avoir un faible pour moi, pour me laisser courir sans mon sac à dos rempli de cailloux ! De sa part, cela ne présage rien de bon. De toute façon, il ne me servait à rien puisque je n’arrivais pas à terminer ce parcours. dystopies françaises

Evidemment, dès que je franchis la ligne d’arrivée, elle m’interpelle comme hier :

–          Gabrielle et Stephen, au labyrinthe ! Alors P’tits bras, tu as envie d’améliorer tes performances d’hier, je suppose. J’ai dû me surpasser pour que tu ne t’ennuies pas. Et puis Ruddy m’a demandé de te faire un traitement de faveur. Tu es une habituée maintenant. Tu n’as qu’à passer la première… dystopies françaises

Le Stephen qu’elle a appelé est figé derrière moi, le sourire aux lèvres. Mais dans son esprit, je sais qu’il n’en mène pas large… dystopies françaises

Ce parcours-là n’est pas réel. J’ai beau me le répéter sans cesse, j’ai le cœur serré lorsque je m’allonge par terre pour passer la « chatière ». Comment Edith fait-elle pour provoquer toutes ces peurs et ces sensations ? Puisqu’il semble que je sois condamnée à emprunter ce labyrinthe aussi souvent que je rencontrerai Ruddy, autant trouver rapidement la sortie ! Mais quelle est l’astuce à découvrir. Je m’enfonce, plus attentive que jamais, à la recherche d’indices, et plus motivée que jamais d’en finir ! dystopies françaises

Pour cette seconde tentative, je n’ai pas pris le chemin de l’eau. Je suis restée plus longtemps dans le « bain d’insectes » pour trouver un autre passage. Et cette fois j’ai choisi le plus éloigné ! J’ai vaincu les « voix de charme » et « les voix de peur », mais je n’ai pas réussi à passer le puits sans fin. J’ai essayé de l’enjamber, puis j’ai rebroussé chemin jusqu’au « bain d’insectes » dans l’espoir d’un autre passage inexploré. En vain ! Je n’ai trouvé que des culs-de-sac. Alors je suis retournée au puits. Après de longues tentatives, j’ai fini par appuyer sur le bouton libérateur du bracelet, en rage et épuisée. dystopies françaises

Quand je me retrouve au sol sous la lumière vive du gymnase, Edith, penchée sur moi, a encore ce sourire sadique !

–          Allez dégage ; au tour de Ruddy de s’occuper de toi. dystopies françaises

 

Cette fois, il a changé de stratégie : durant tout l’entraînement, il ne m’adresse plus la parole, ne me demande plus de faire les démonstrations d’exercices, ne me prend plus comme contre-exemple. Non, il ne me dit plus rien. Mais il garde en permanence les yeux sur moi. Et au fur et à mesure qu’il voit ma fatigue grossir, son sourire grandit de plus en plus. Dès l’entraînement fini, je fonce la première vers la salle de repos, vers le monde. dystopies françaises

Au fond de la salle, Stephen s’est affalé sur une chaise, le regard perdu. Je m’approche. dystopies françaises

–          Ça va ?

–          Oui, oui… Dis-moi, qu’est-ce que tu as vu dans ce labyrinthe ? C’était quoi ce truc de fou ! Tu as senti les morsures toi aussi ? Tu as entendu ces voix horribles qui glacent le sang et rendent fou ? Et l’inondation ? Et le hachoir ! dystopies françaises

–          Oui, moi aussi, j’ai senti cela… Pourtant en sortant, pas de doigt coupé, pas de marque de morsure, ni de vêtement mouillé ! Tout ceci n’a rien de réel. Il faut croire que derrière ce cerveau de Cro-Magnon se cache une imagination débordante ! Je ne sais pas comment elle fait, mais je te jure que je trouverais !

–          Moi, je préfère ne pas retenter ! dystopies françaises

Ce qu’il ne me dit pas et que je lis dans son esprit, c’est qu’il a paniqué plusieurs fois, plusieurs fois appuyé sur le bracelet avant les quinze minutes réglementaires, et plusieurs fois recommencé ! Il est claustrophobe !

–          Ce labyrinthe, c’est le circuit de l’enfer ! dystopies françaises

Autour de nous, l’ambiance n’est pas au beau fixe. Beaucoup sont muets. Il n’y a que quelques personnes qui discutent sans entrain. Mais tous s’interrogent mentalement sur les Sages, le choix de leurs entraîneurs, et ce que nous faisons vraiment ici.

Grâce aux entraînements virtuels avec Luc à chaque fin de journée, je commence à maîtriser mon zinc et je suis finalement « lâchée », ce qui signifie que je peux piloter seule mon appareil. Nous allons pouvoir voler en formation avec Luc et quelques autres as de la voltige, dont Stephen fait partie. Luc, rebaptisé « colibri » a fait des émules et les candidats se pressent pour suivre ses scénarios de vols sortis tout droit de son cerveau créatif. dystopies françaises

On frappe à la porte de ma chambre :

–          Rog ! Eh, qu’est-ce que vous faites tous là ! Et cette bouteille, c’est quoi ? dystopies françaises

–          C’est pour fêter ta performance aéronautique ! Combien as-tu dit que vous étiez à être « lâchés » ?

–          Cinq sur quarante. dystopies françaises

Derrière Rog, se sont agglutinés Clar, Freyj, Tom et Jarl. Je ris, heureuse de leur reconnaissance et de leur fierté. Pour moi, c’est un sentiment plutôt nouveau que je savoure avec délice… Je me souviens de la réaction de mon père lorsque j’avais été lâchée sur un supersonique : cela n’avait rien à voir avec de la fierté… dystopies françaises

–          Entrez ! Ça va être difficile de vous caser tous les cinq dans ma chambrette !

–          T’inquiète, on a tous la même… On va s’asseoir par terre !

Le niveau sonore augmente brusquement avec leur joyeuse intrusion. Tom fait signe à Rog d’ouvrir la bouteille et continue la conversation : dystopies françaises

–          Dis donc, tu es logée au fin fond du vaisseau, et pas beaucoup de voisins avec ça ! C’est qui la porte d’à côté ?

–          Je n’en sais rien. Je n’ai jamais vu personne entrer ou sortir et je n’entends jamais aucun bruit !

–          Au moins, tu es au calme pour dormir. Moi j’ai une chambre tout près des vestiaires des filles. Qu’est-ce que ça caquette dans les salles de bains. dystopies françaises

–          Tu ne te plaignais pas d’être à côté de la salle de bain des filles quand je t’ai vu les mater, espèce de dégoûtant !

Tom rougit et tout le monde éclate de rire. Le bruit du bouchon a attiré tous les regards :

–          Qu’est-ce que vous avez apporté ? Où avez-vous bien pu dégoter ça ? dystopies françaises

–          C’est du vin, Mademoiselle notre pilote préférée ! A toi l’honneur ! Quant à te dire où je l’ai trouvé, eh bien, c’est un secret ! Sache seulement qu’on m’appelle « Rog la débrouille » ou « Rog les bons tuyaux »…

Et il me sert à boire : dystopies françaises

–          Alors je lève mon verre à Rog et ses bons tuyaux !

–          Et nous, on lève notre verre à tes exploits présents et surtout futurs ! On compte sur toi !

–          Merci pour la pression ! dystopies françaises

C’est à ce moment qu’on frappe à ma porte : Luc accompagné des trois autres pilotes qui ont été lâchés comme moi aujourd’hui !

–          Laissez-moi deviner : on va fêter ensemble notre promotion ! dystopies françaises

–          Il y a du monde ici ! Ne serions-nous pas les seuls à avoir eu cette idée… Bonsoir à tous. Je vous présente mes amis pilotes : Maruko, Stephen et Youri et moi-même Luc ou « Colibri », mon nom de code de pilote.

–          Je déclare la chambre de Gabrielle QG de notre équipe ! Je bois à notre nouveau QG ! dystopies françaises

L’enthousiasme de Rog est communicatif. Les présentations terminées, les paroles et les rires fusent. Les derniers venus débordent dans le couloir où ils s’assoient par terre. La bouteille de vin circule rapidement, et s’avère être bien trop petite pour tout ce monde. Freyj est intriguée :

–          Dis, Luc, c’est quoi cette histoire de nom de code ? dystopies françaises

–          Oh, traditionnellement on baptise un pilote avec un surnom qui correspond à son caractère.

–          Et celui de Luc lui va comme gant. Si vous voyiez sa finesse de pilotage ! C’est le seul pour l’instant à avoir été rebaptisé !

Freyj est soudain passionnée : dystopies françaises

–          Oh, oui, cherchons ensemble vos surnoms ! Et puisque nous avons déjà un colibri, nous devrions chercher des noms d’oiseaux pour votre escadron ! Qu’est-ce qui est spécifique de ta façon de voler, Stephen ? dystopies françaises

Je ne lui laisse pas le temps de prendre la parole :

–          Stephen est un très bon pilote en l’air, mais dès qu’il touche le sol, c’est le spécialiste des atterrissages en vrac !

–          Un canard boiteux ! Lance Rog. dystopies françaises

Maruko se prend au jeu lui aussi :

–          Il est également très bavard. Je propose : perroquet !

Mais l’intéressé proteste :

–          Ça n’a rien à voir avec ma façon de piloter ! dystopies françaises

–          Oui, je sais : un albatros !

–          Bravo Freyj ! Oh, Stephen, il faut que je propose ça aux autres ! Ils vont adorer…

–          Ouais Gabrielle. A une condition : on va s’occuper de toi maintenant !

Freyj m’interroge : dystopies françaises

–          Alors Gabrielle ! Quelle est ta spécialité ?

–          Provocatrice et irrévérencieuse ! Lance Stephen. dystopies françaises

–          Mais ça, ce n’est vraiment pas spécifique à sa façon de voler, rajoute Clar, toute sérieuse.

Et ils rient tous. dystopies françaises

Bien que ma chambrette soit devenue officiellement notre QG, la chaleur et le bruit augmentant, nous décidons de nous rabattre vers une des salles de sport que nous transformons en salle de détente. dystopies françaises

C’est au premier qui trouvera une table, des chaises pour nous installer confortablement. Luc revient après un petit moment brandissant un jeu de cartes, l’air victorieux :

–          Qui veut faire une partie de « nébuleuse » avec moi ! Je vous préviens, je suis champion ! dystopies françaises

Notre installation a fait des émules et bientôt la salle se remplit de tables et de jeux apportés par d’autres groupes. Au milieu de cette bande, je découvre les joies simples d’une franche camaraderie et le plaisir de l’anonymat qui permet tant de choses… dystopies françaises

Emmanuelle, la brune qui plaît tant à Rog, s’est assise tout près de notre groupe, se mêlant petit à petit à notre conversation. Une sorte de ballet s’est mis en place entre ces deux-là ; des mouvements anodins qui semblent sans but et qui les rapprochent tout doucement, des échanges de regards, l’air de rien. Stephen qui a retrouvé son sourire et sa verve commente maintenant nos exploits chez Edith : dystopies françaises

–          Savez-vous que Gabrielle et moi sommes « frères de labyrinthe » ! Un truc de fou cet endroit ! Il faut avoir les nerfs sacrément accrochés pour s’y risquer. Heureusement que Gabrielle et moi, on les a solides !

Clar qui était de mauvaise humeur depuis l’approche d’Emmanuelle, prend prétexte de mes exploits pour s’indigner : dystopies françaises

–          Tu y es encore allé Gabrielle ! C’est pas possible ! Ne me dis pas que tu as encore refusé de saluer Ruddy ?

Et Rog, amusé, me donne une tape dans le dos : dystopies françaises

–          Oh, la vilaine fille !

–          ça va Rog ! Je vous ai déjà dit que c’est un vicieux, et qu’il est hors de question que je montre du respect à un malade de son espèce ! Il suffit que je ne le rencontre pas… Mais pour l’instant je n’ai pas eu beaucoup de chance… dystopies françaises

Alors, Stephen se lance dans la description de son parcours, ajoutant des détails à son avantage, omettant sa claustrophobie ; son auditoire suspendu à ses lèvres.

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Episode 15                               Retour vers la bibliothèque                              Episode 17 (parution le 17/12/17)

 

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épisode 6 du 6/12                 épisode 13 du 13/12               épisode 20 du 20/12

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MagnusMens roman gratuit épisode 16

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