MagnusMens épisode 20 – dystopies ado offerte

MagnusMens épisode 20 – lecture offerte dystopies ado

dystopies ado

Si vous venez régulièrement sur ce blog, vous devez savoir que je propose ici de nombreux choix de romans gratuits (célèbres ou pas, classiques ou récents, en tout cas, tous de qualité). Et que ce mois-ci, c’est avec un écrit de mon cru que je vous invite à égrainer le calendrier de l’avent. dystopies ado

Voici maintenant 3 semaines que je vous livre ici chaque jour un épisode de mon roman MagnusMens (détails du roman ici) en cadeau de Noël. Voudriez-vous me laisser un commentaire. Comment avez-vous trouvé les précédents épisodes? Que pensez-vous des personnages? Avez-vous envie de remonter à bord du Deus ex Machina? dystopies ado

Alors en route sans plus attendre !

dystopies ado

Vous avez manqué l’épisode précédent? Vous pouvez le lire ou le retrouver ici : épisode 19

Vous cherchez d’autres épisodes : reportez-vous en bas de cette page pour tous les liens. Pressé de lire la suite? Revenez chaque jour à 17h pour la parution de l’épisode suivant…

 

dystopies ado

 

Les doubles (suite) dystopies ado

dystopies ado

La surprise est sur tous les visages. Alors, debout au milieu de leurs regards désapprobateurs, je réalise combien mon geste est lourd de tabous. Leurs yeux se sont écarquillés, plein de dégoût, leur tête est pleine d’accusations. Anton sort de leur groupe et vient se camper devant moi. Ses yeux d’eau dure me fixent longuement. Sa main gauche a glissé vers le couteau qu’il a à sa ceinture, lentement : dystopies ado

–          C’est un paria Gabrielle. Tu connais la loi…Veux-tu être un paria comme lui ? dystopies ado

Des relents d’embruns me parviennent et des flashs de sa vie sur Trisquelle : son bateau maison ; sa vie en solitaire sur la mer infinie à pêcher et troquer avec les rares navigateurs qu’il croise. Il n’aime pas le monde, les étrangers ; il étouffe ici dans la promiscuité de ce vaisseau clos, sec et sans vent. Il est sur les nerfs.

C’est Rog qui brise le silence et vient s’interposer entre nous deux : dystopies ado

–          Garde ton couteau pour les Mercenaires. Nous sommes frères d’armes, Anton.

–          Non pas avec celle-là ! Elle défend le monstre.

–          Tu as raison, moi aussi il me fout les jetons. Et je vais te dire un truc : je vais tout faire pour l’éviter. Tu vois, il est tout au fond dans un recoin de cette salle. Et moi, je vais fissa m’installer à l’autre bout. dystopies ado

Il se tourne vers ses camarades de Cristal et moi :

–          Vous venez vous autres ? Anton, si tu veux rester seul près de lui, je te souhaite bon courage.

Puis il me prend par l’épaule pour nous éloigner. Il se penche à mon oreille, tout en marchant : dystopies ado

–          Si je compte bien, avec Ruddy et le Sage, Anton est le troisième que tu te mets à dos en peu de jours.

–          Quatre avec l’Immortel, et lui ne s’est pas gêné pour m’envoyer à terre…

–          Tss, Tss… Je vois pourquoi tu as besoin d’un bon entraînement ! dystopies ado

Il a fait non de la tête en signe de désapprobation, mais la malice brille dans son regard.

Un instant je me suis retournée vers l’immortel. Il baisse puis relève la tête lentement dans ma direction, comme pour me remercier. dystopies ado

Le silence est heureusement interrompu par Freyj qui appelle un nouvel arrivé dans la pièce :

–          Tiens, Luc, tu veux te joindre à nous ? dystopies ado

–          Oui, volontiers. Il y a des têtes que je connais par ici. Salut tout le monde. Hé, Gabrielle. J’ai appris pour toi et l’Immortel…A-t-il été correct avec toi ?

–          Disons que je suis toujours vivante… dystopies ado

Luc se tourne vers Freyj et je réalise pour la première fois que les âmes ont un rythme, et que la leur bat à l’unisson. Ils ne se connaissent pas et tout dans leur apparence semble les éloigner : elle, géante toute en muscles, championne de triathlon, et lui svelte et pas très grand. Pourtant, il y a cette pulsation si discrète mais bien présente ; et cette insouciance, cette façon d’être un peu déconnectée de la réalité, le regard qui rêve… D’instinct, Clar l’a ressenti elle aussi, et elle s’est rendu compte du trouble que cela me procure : dystopies ado

–          Que vas-tu faire Gabrielle avec…Comment dire…ce monstre…

–          Que veux-tu que je fasse : rien. Absolument rien !

–          Bon, ok, maintenant chacun connaît son « double ». Mais ça ne nous dit pas ce qu’on va faire ensemble, ni contre qui on va se battre. Une bataille de ce type nécessite de nombreux renseignements sur l’ennemi pour pouvoir aboutir. Il faut des stratèges, des espions, des experts en vaisseau spatial…J’espère qu’eux au moins savent. dystopies ado

–          Détrompe-toi, Rog. Les chasseurs Mercenaire sont totalement inconnus : forme, propulseurs, finesse, puissance…rien. Nada. Nothing ! Les pilotes vont partir au combat sans aucune information, dans l’improvisation totale. dystopies ado

–          Sans blague ! Ils sont fous ces…

Projetée dans mes souvenirs de mécanicienne, je revois mes machines. Je les connaissais jusqu’au moindre boulon. Je savais les capacités et les limites de chacune d’entre elles sur le bout des doigts…Mais tout à coup une présence m’arrache à mes rêveries. Je sens un regard peser sur moi depuis l’autre bout de la salle ou plutôt une ombre : l’Immortel.

dystopies ado

Il a disparu après le repas et je continue ma journée sans changer une seule virgule à mon emploi du temps, essuyant les rabaissements de Ruddy et ses punitions. En soirée, nous sommes convoqués dans l’auditorium pour un nouveau rituel orchestré par les Sages : la confirmation des binômes. dystopies ado

Près de moi, Tom a posé son coude sur l’épaule de son ami Jarl. Clar et Rog ont une attitude en parfaite osmose. Freyj, maternelle et protectrice, a sa main sur le bras de Luc. Tous sont par deux à très faible distance l’un de l’autre, en harmonie. dystopies ado

Le silence règne dans l’auditorium. Même les pensées sont calmes et sereines. Les doutes des précédents jours sont à cet instant complètement occultés par l’entente cordiale et la plénitude qui s’installe en chaque doublon. dystopies ado

L’Immortel est à cinq mètres de moi au moins, dans le coin le plus sombre de la pièce, les bras croisés comme une barrière de plus entre nous. Sa capuche baissée ne regarde personne et rien ne transparaît de son esprit indéchiffrable. Seule sa silhouette impressionnante semble vouloir ajouter encore des distances. Je reste seule, les bras ballants, le poids de mes doutes sur l’estomac. dystopies ado

Les Sages expliquent. Le rituel de consentement mutuel consiste en deux phrases prononcées ensemble, main sur l’épaule de son coéquipier. Dans la salle, une sorte de ballet se met en place. Chacun se tourne vers son équipier, dans un élan fraternel.

Il est resté dans l’ombre ; je n’ai pas bougé, le regard vers le sol. dystopies ado

Alors, une invocation résonne en écho dans toute la salle :

–          Je reconnais en toi mon frère d’armes : je t’offre mon bras et ma protection et suis honoré de recevoir les tiens. Je suis ton double et tu es le mien.

Il a gardé le silence ; moi aussi.

Les Sages ont balayé la salle du regard, hochant la tête en guise d’approbation. Puis leurs yeux se posent sur moi, leur tête se fige dans une expression de blâme. Et ils me regardent sortir de la salle avec froideur. dystopies ado

 

J’erre ensuite dans les couloirs, les mains enfoncées dans mes poches, les yeux sur mes chaussures, évitant tous ceux qui marchent par deux.

Devant les écrans affichant la progression de l’ennemi, les élus s’arrêtent maintenant par binômes. Le Drakkar Noir et son équipage ne sont pas encore visibles dans l’espace étoilé. Leur trajectoire est matérialisée par des points rouges surplombés de flèches : une épaisse pour le vaisseau principal, des dizaines pour le reste de l’armada ; des flèches qui pointent vers nous depuis le haut du mur, comme des épées de Damoclès au-dessus de nos têtes. Et tout autour, des nuages de points symbolisent leurs chasseurs et leurs transporteurs bourrés de Mercenaires. Une voix dans mon dos se fait l’écho de mes interrogations : dystopies ado

–          Moi, je crois que chaque binôme se verra affectée à un vaisseau à infiltrer et saboter. Lequel choisirais-tu, Jarl ?

Je me retourne ; Tom est près de moi, Jarl à ses côtés.

–          Je ne suis pas pilote de chasse, je leur laisse les chasseurs ennemis et les transporteurs. Il y a là de nombreux vaisseaux de bases. Regarde, Jarl. Ça doit être les grosses flèches qui entourent le Drakkar Noir. Ils sont sûrement chargés jusqu’à la gueule d’armes, de munitions et de vivre. Ça te dirait si on s’en faisait un ? dystopies ado

–          Pas le genre de morceau facile. Cette horde de sauvages ne nous laissera pas les torpiller sans lever le petit doigt. Il va y avoir du sang…Hum, ça me plaît.

–          Et si c’était le Drakkar Noir qu’on attaquait ? dystopies ado

–          Toi, tu as envie de rencontrer Arius…Vieux fou, va ! Non, ils n’enverront personne sur le Drakkar Noir. Ce serait « mission impossible ».

Et il lui donne un grand coup de coude dans le ventre, ce qui les fait rire tous les deux comme deux chiots.

–          Et toi Gabrielle, fais ton choix ! dystopies ado

–          Seule, je n’arriverai à rien…

Alors ils haussent les épaules et s’en vont. dystopies ado

L’affichage n’a guère changé depuis le premier jour de l’embarquement, la progression de l’ennemi n’étant pas flagrante à cette distance. Et toujours pas la moindre image ou information concernant les appareils ennemis. Ce qui a changé, c’est le regard des autres sur cet écran, un regard à deux, avec plus d’assurance et une envie plus structurée de détruire l’ennemi. Oui, je me rends compte à quel point l’idée des Sages était bonne de nous regrouper tous par deux…tous sauf moi.

dystopies ado

J’ai envie de fuir les autres, et m’engouffre dans les coursives les moins fréquentées jusqu’à ma chambre. Peu à peu les échos de voix s’estompent, mes pas sont maintenant les seuls à résonner sur le métal du sol. Seul bat, plus présent ici, le cœur de fer du vaisseau, dans un rythme lancinant et sourd. J’ai totalement clos mon esprit, perdue dans mes pensées. Je suis en bas des marches de mon escalier lorsqu’une voix derrière moi me fait sursauter : dystopies ado

–          Tu suis toujours mes entraînements, P’tits bras ! Ton « double » ne t’apprend donc rien ? Ah, le duo que vous faites ensemble ! Je crois que je sais maintenant à quoi peut bien servir un petit agneau dans ton genre : à servir de plat de résistance au monstre bien sûr ! Tu dois être morte de peur ! Tu sais, ça me ferait de la peine qu’il te fasse du mal. Si tu veux, je pourrai te donner des cours particuliers de self-défense ? Allez, viens, je t’emmène essayer… dystopies ado

Ruddy est là, le sourire ironique, la démarche arrogante. Dans son regard brille une étrange lueur, comme si plusieurs paires d’yeux m’observaient. D’un bond il me barre la porte de ma chambre : dystopies ado

–          Non, je peux faire encore mieux que de te donner des cours. Si tu restes avec moi, je peux te proposer ma protection…Tu seras gentille…Et en échange il ne t’arrivera jamais rien de mal…Tu as ma parole ! dystopies ado

Tout en parlant, il s’est approché de moi petit à petit. Il commence à me caresser le bras. Apeurée, j’ai reculé dans mon étroit couloir en cul-de-sac, consciente de l’inutilité de ce geste. Je sonde son esprit pour y chercher une solution. Et je découvre avec effroi ses intentions : soumission, violence, et sexe se mêlent et lui procurent une vive excitation. Mon rythme cardiaque s’accélère et l’adrénaline file dans mes veines. J’essaie d’identifier très vite mes échappatoires. Me battre contre lui : même avec les enchaînements appris à la boxe, mes attaques manqueraient de puissance, je ne ferais pas le poids ! Quant à imaginer le déstabiliser pour fuir, autant essayer de déplacer un Migaster avec un doigt ! La porte numéro un de mon voisin mystérieux est dans mon dos. Je m’y précipite croyant y trouver refuge. Elle est fermée à clé. Il s’est rapproché lentement, savourant déjà sa victoire. Dans ses yeux, une ombre passe. Ma peur monte d’un cran. Excité par ma panique, il me plaque tout à coup contre le mur et me gifle violemment. Je me débats. Ses bras enserrent ma taille et il plante ses ongles dans ma chair.

dystopies ado

 

Episode 19                               Retour vers la bibliothèque                              Episode 21 (parution le 21/12/17)

 

Ce roman vous plaît? Alors parlez-en autour de vous. Le bouche à oreille, c’est encore mieux que Google!

Et n’hésitez pas à me laisser un gentil commentaire : ce sera ma meilleure récompense.

Envie de connaître la suite tout de suite, vous pouvez commander le livre ici :

au format papier :

ou au format numérique :

 

Voici la liste des épisodes et leur date de parution sur le blog :

épisode 1du 1/12                  épisode 8 du 8/12                 épisode 15 du 15/12                épisode 22 du 22/12

épisode 2 du 2/12                 épisode 9 du 9/12                 épisode 16 du 16/12                épisode 23 du 23/12

épisode 3 du 3/12                 épisode 10 du 10/12              épisode 17 du 17/12               épisode 24 du 24/12

épisode 4 du 4/12                 épisode 11 du 11/12               épisode 18 du 18/12               épisode 25 du 25/12

épisode 5 du 5/12                 épisode 12 du 12/12               épisode 19 du 19/12

épisode 6 du 6/12                 épisode 13 du 13/12               épisode 20 du 20/12

épisode 7  du 7/12                épisode 14 du 14/12               épisode 21 du 21/12

dystopies ado
MagnusMens roman gratuit épisode 20

Exprimez-vous! Un avis à donner sur un roman, une demande particulière? Ecrivez-moi et je me ferai un plaisir de vous répondre.