No et moi de Delphine de Vigan

No et moi de Delphine de Vigan

Le parcours initiatique d’une ado à travers la rencontre d’une SDF; Un roman fort, réaliste et sans fioriture.

Thème :

adolescence, amitié, SDF, solitude,

L’intrigue :

Lou a 13 ans; elle est en seconde. Surdouée, elle est aussi timide et complexée. Pourtant, elle va oser aborder No, une SDF croisée au hasard, pour un exposé qu’elle doit faire en classe. Avec ses yeux affûtés, sa petite expérience de la vie, sa façon d’observer tout, elle va découvrir « l’envers du décor » de notre société et nous le livrer brut d’émotion.

3 bonnes raisons de lire   » No et moi  » :

  • Emotion : c’est le premier mot qui vient à l’esprit pour caractériser ce livre. Il nous claque à la figure et nous laisse scotché sur place. Pas d’atermoiement sur No, mais des actes et des réalités bouleversantes.
  • On s’attache vite aux personnages de l’histoire qu’on découvre à travers des yeux de Lou. Ils semblent si réels qu’on a l’impression qu’on pourrait les croiser dans la rue. C’est sans doute aussi pour cela que l’émotion est intense, parce qu’elle sonne vrai. Lou, complexée, connaît l’encyclopédie à peu près par cœur mais panique à l’idée d’être invitée à un anniversaire. Ses parents, No, Lucas, sont tous des êtres forts et fragiles à la fois; La vie ne fait pas de cadeau; elle leur a laissé des bleus et des plaies plus ou moins  profondes. Ils font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir.
  • Ce roman va vous prendre tout entier et ne pas vous lâcher jusqu’à la dernière page; Et ce n’est  pas une question de suspense, car la fin est plus ou moins annoncée dès le début du livre. Non, ce sont les personnages qui captivent ; et l’on a envie de suivre leur évolution.

Anecdotes à raconter à la machine à café :

Voici le livre qui a révélé Delphine de Vigan en 2007. A l’époque, écrire n’était pas son métier; et elle travaillait la nuit sur son roman, après avoir couché ses enfants.

Son inspiration, elle l’a trouvée un matin, dans la rue, à Paris, en croisant un groupe de SDF dans lequel une très jeune femme était entourée d’hommes.

Delphine de Vigan avoue que lorsqu’elle a commencé à écrire « No et moi », elle n’en connaissait pas la fin.

No et moi de Delphine de Vigan - le roman a reçu le prix des libraires puis il a été adapté au cinéma
No et moi de Delphine de Vigan – le roman a reçu le prix des libraires puis il a été adapté au cinéma

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 » No et moi  » vous a plu? Pour aller plus loin,

« No et moi » et moi…   no et moi analyse

Voici un fait rare : j’ai lu ce livre parce qu’il m’était imposé, ou plus précisément, parce que mon fils devait le lire pour son cours de français. J’en ai donc commencé la lecture, pour pouvoir l’aider. Mais l’exercice imposé s’est rapidement transformé en plaisir de lire. Et je dois avouer qu’au bout de quelques heures, j’avais dévoré toute l’histoire.

Voici un roman très récent, qui est déjà rentré dans les classiques, puisqu’en effet, beaucoup de professeurs de français le font lire à leurs élèves de classe de troisième! Alors, pour nos chères têtes blondes, voici quelques éléments qui pourront  leur servir en classe…   no et moi analyse

 

Informations sur l’auteur Delphine de Vigan

Delphine de Vigan est une romancière Française née à Boulogne-Billancourt en 1966.

Elle a écrit à ce jour 7 romans.

Pour son livre « no et moi » paru en 2007, elle a reçu le prix des libraires 2008; le roman a été traduit en 20 langues, et adapté au cinéma en 2010 par Zabou Breitman. (voir plus loin la bande annonce du film)

  • 2001 : Jours sans faim, éditions Grasset (écrit sous le pseudonyme de Lou Delvig)
  • 2005 : Les Jolis Garçons, éditions Jean-Claude Lattès
  • 2005 : Un soir de décembre, éditions Jean-Claude Lattès
  • 2007 : No et moi, éditions Jean-Claude Lattès  no et moi analyse
Ce roman a reçu le prix des libraires 2008
et le prix du Rotary International 2009
  • 2008 : Sous le manteau, éditions Flammarion (ouvrage collectif)
  • 2009 : Les Heures souterraines, éditions Jean-Claude Lattès. Ce roman a reçu le prix des lecteurs de Corse 2010
  • 2011 : Rien ne s’oppose à la nuit, éditions Jean-Claude Lattès
Delphine de Vigan auteur de No et moi et de 6 autres romans
Delphine de Vigan auteur de No et moi et de 6 autres romans

Le style d’écriture du roman « No et moi »

Laissons l’auteur nous expliquer le style d’écriture qu’elle a choisi et pourquoi : “J’ai cherché avant tout à traduire la voix de Lou, notamment à travers cette succession de phrases sans point,juxtaposées, parfois sans respiration, comme parlent les enfants quand ils racontent quelque chose d’important.
C’est le cas pour l’absence de virgule en début de phrase, simplement parce que ce n’est pas comme ça que je l’entendais parler.”
Ce langage oral d’adolescent est donc ponctué au cours du roman d’expressions telles que : « c’est mort », « le branche grave », elle est grillée », pure magie », ainsi que des fins de phrases ponctuées du « et tout ». Sorte de soupape dans l’histoire, ce langage « jeune » s’alterne avec les réflexions « en voix off » de Lou au langage plus construit et riche à travers lequel elle transmet des sentiments plus forts et des réflexions plus profondes d’une enfant surdouée.
 

Ce qui relie No et Lou

Lou et No mènent une existence aux antipodes lorsqu’elles se rencontrent. Pourtant il existe bien des similitudes entre elles :

  • leur isolement : celui de Lou est lié à ses capacités intellectuelles et à son jeune age. Elle se retrouve à 13 ans au milieu d’élèves de seconde qui ont entre 15 et 17 ans. A cet age, le physique change beaucoup, la taille, l’assurance. De plus Lou étant surdouée, elle aborde le monde qui l’entoure de façon atypique et se sent en retrait. No est toute jeune, au milieu des SDF, une fille perdue dans un milieu rude de la rue. On la voit évoluer au milieu d’hommes plus âgés. Son état de SDF l’isole du reste de la société. Son âge et son sexe en font une proie dans un milieu dangereux.
  • leur relation avec leur mère respective : Lou sait que tout peut basculer d’un jour à l’autre dans la vie et, après la perte de Thaïs, elle a vu sa mère sombrer dans la déprime, et elle ne s’est plus occupée d’elle. No, de son côté, a été rejetée par sa mère qui l’a abandonnée. La mère de Lou est devenue une ombre muette, tandis que celle de No a disparu de la vie de sa fille. No et Lou en souffrent toutes les deux.

 

Ce qui sépare No et Lou

L’isolement, l’absence d’attention de leur mère rapprochent No et Lou. C’est peut-être ce qui fait que Lou va s’attacher à la SDF. Mais la grande différence réside dans le fait que la situation est immuable pour No et pas pour Lou :

  • Parce que Lou s’attache à No,  parce qu’elle trouver un but dans son existence; celui de sauver No, elle s’ouvre aux autres, et ose notamment aborder Lucas, devenir son amie. Sa mère également va trouver dans No un nouveau but, et sortir de son mutisme.
  • Mais pour No, tout est immuable dans sa relation avec sa mère; mais aussi vis à vis de la société.
No et moi de Delphine de Vigan - analyse d'une oeuvre étudiée maintenant dans les collèges et lycées
No et moi de Delphine de Vigan – analyse d’une oeuvre étudiée maintenant dans les collèges et lycées

La violence silencieuse

Partout dans ce roman, on la ressent. Elle est présente à chaque coin de rue pour No, même lorsque celle-ci ne dors pas dans la rue. Parce qu’elle n’a pas de cocon familial protecteur; parce qu’elle a un passé qui l’a marquée pour toujours; parce qu’elle est une proie.

Voici ce qu’en dit Lou dans le roman : « Avant de rencontrer No, je croyais que la violence était dans les cris, les coups, la guerre et le sang. Maintenant je sais que la violence est aussi dans le silence, qu’elle est parfois invisible à l’œil nu. La violence est ce temps qui recouvre les blessures, l’enchaînement irréductible des jours, cet impossible retour en arrière. La violence est ce qui nous échappe, elle se tait, ne se montre pas, la violence es ce qui ne trouve pas d’explication, ce qui à jamais restera opaque. »

Et voici ce qu’en dit Delphine de Vigan : « No et moi est le seul livre que j’ai commencé sans savoir comment je l’achèverai. Je voulais que la fin
s’impose comme la seule possible et c’est ce qui s’est passé au moment de l’écriture. J’ai imaginé des issues plus tragiques pour tout le monde. J’y ai renoncé parce que la violence silencieuse est souvent la plus rude. »

   no et moi analyse

Les SDF en un seul chiffre

Lou aime les chiffres, les formules, les expériences scientifiques. Si, au début du roman, son professeur nous livre quelques chiffres sur les Sans Domicile Fixe, ces chiffres ne nous parlent pas de prime abord. Ce sont juste des chiffres. Mais, rencontrer No, se rendre compte au travers des yeux de Lou de la rudesse de sa vie, du poids physique et psychologique de sa condition, c’est prendre conscience. C’est voir « cette ville invisible au cœur même de la ville ».

Alors, le livre refermé, j’ai regardé de nouveau les chiffres, et il y en a un en particulier que j’ai retenu : l’espérance de vie d’un SDF est de 43 ans.

No et moi de Delphine de Vigan : l'histoire d'une SDF vue au travers des yeux d'une toute jeune fille
No et moi de Delphine de Vigan : l’histoire d’une SDF vue au travers des yeux d’une toute jeune fille

 L’adaptation au cinéma

Le film a été réalisé par Zabou Breitman, avec à l’affiche Bernard Campan dans le rôle du père de Lou, et Zabou Breitman dans le rôle de sa mère. Les actrices qui ont incarné les deux rôles principaux sont :

  • Nina Rodriguez dans le rôle de Lou
  • Julie-Marie Parmentier dans le rôle de No

Voici la bande annonce du film :

  no et moi analyse

Citations et extraits du roman

Pour ceux qui sont en train d’étudier le livre, saurez-vous retrouver, ou vous rappelez-vous à quel moment du roman ces phrases apparaissent ?

« Dans la vie il y a un truc qui est gênant, un truc contre lequel on ne peut rien: il est impossible d’arrêter de penser. »

« Parfois il me semble qu’à l’intérieur de moi quelque chose fait défaut, un fil inversé, une pièce défectueuse, une erreur de fabrication, non pas quelque chose en plus, comme on pourrait le croire, mais quelque chose qui manque. »

« Comment peut-on se retrouver à dix-huit ans dehors, sans rien, sans personne ? Sommes-nous de si petites choses, si infiniment petites, que le monde continue de tourner, infiniment grand, et se fout pas mal de savoir où nous dormons ? « 

« Sur ma fiche je suis arrivée à la case « frères et sœurs », j’ai écrit zéro en toutes lettres.
Le fait d’exprimer l’absence de quantité par un nombre n’est pas une évidence en soi. Je l’ai lu dans mon encyclopédie des Sciences. L’absence d’un objet ou d’un sujet s’exprime mieux par la phrase « il n’y en a pas » (ou « plus »). Les nombres demeurent une abstraction et le zéro ne dit ni l’absence ni le chagrin. »

« Noël est un mensonge qui réunit les familles autour d’un arbre mort recouvert de lumières, un mensonge tissé de conversations insipides, enfoui sous des kilos de crème au beurre, un mensonge auquel personne ne croit. « 

« Et si c’était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l’instant. »

 

Et pour ceux qui en veulent encore plus :

Voici des liens vers des analyses plus détaillées de ce roman :

analyse du style du roman

résumé du roman

analyse la plus complète que j’ai trouvée

  no et moi analyse

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