Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury est passé dans l’Histoire et appartient à la liste des chefs d’œuvre du XXème siècle. Au-delà du fait qu’on peut paraître inculte de ne pas l’avoir lu (mais on assume toujours bien sûr), c’est un roman percutant sur une forme de totalitarisme qui résonne encore aujourd’hui et ressemble par certains côtés étrangement à notre présent. Et puis c’est un roman très bien écrit qu’on lit d’un trait. Indémodable, toujours d’actualité … malheureusement. Si vous ne l’avez pas encore lu, parcourez cet article pour vous rendre compte de son intérêt. Et si vous l’avez lu il y a longtemps mais ne vous en rappelez plus, relisez-le vite avant de voir le dernier film qui sort en mai.

Dans cet article vous trouverez :

  • un résumé de Fahrenheit 451
  • pourquoi ce livre pourrait vous plaire
  • Les anecdotes et les choses à savoir sur Fahrenheit 451 le livre
  • les films sur le roman Fahrenheit 451. Attention prochaine sortie du film en mai 2018.
  • la biographie et bibliographie de Ray Bradbury si cet auteur vous a passionné

 

Thèmes de Fahrenheit 451 :

suspense, enquête, anticipation, dystopie , thriller, aventure, littérature moderne, livres, société, censure, liberté, culture, totalitarisme, interdits, feu

Fahrenheit 451 de Ray BradburyL’intrigue :

Dans un monde futuriste, la société a banni les livres, trop subversifs afin de rendre la pensée plus standardisée et gommer les inégalités de naissance en donnant à tout un chacun la même culture.

Montag est pompier. Son rôle n’est pas d’éteindre les incendies (les maisons ignifugées ne brûlent pas!) mais de les allumer … pour brûler tout livre qui y serait trouvé. Car la littérature est interdite! Comme ses collègues, il se sent investi d’une mission importante et prend plaisir à détruire ce qui représente à ses yeux un danger. Pourtant, une rencontre va très vite bouleverser sa vie et lui ouvrir les yeux.

3 bonnes raisons de lire  “Fahrenheit 451 de Ray Bradbury” :

  • Il est certains romans qui nous emballent dès la première page : dans cette scène étrange un homme est en train de brûler une maison avec plaisir et fascination. Puis, son forfait terminé, il s’en va la conscience tranquille. Un pyromane totalement inconscient? Non, un pompier dont le métier consiste à brûler certaines maisons… On entre alors dans un monde étrange et surréaliste où rouler trop lentement est un délit, discuter avec un voisin considéré comme de la folie, où plus personne ne trouve d’attrait à admirer la nature et rêver face à la lune, et où lire des livres est profondément ennuyeux et interdit! Un monde où les inégalités de la naissance sont gommées par le feu… Un monde où les pompiers n’éteignent pas les incendies mais les allument pour brûler les livres subversifs!
  • Et l’on suit pas après pas, la prise de conscience d’un homme pourtant enfermé dans ce système. Un roman fort sur la pensée unique, le libre arbitre. Et un style d’écriture magnifique.
  • Alors oui, Fahrenheit 451 a un petit coté désuet : les femmes y sont à la maison, cantonnées au ménage et à la cuisine, dépendant totalement de leur époux financièrement et dépeintes comme frivoles et réclamant des dépenses futiles. Un roman qui a été écrit en 1953 et qui pour tout le reste de l’histoire est toujours d’actualité.
Fahrenheit 451 première page
On est emballé dès la première page…

Anecdotes à raconter à la machine à café :

Fahrenheit 451 signification du titre

Dans ce monde où lire et donc ouvrir son esprit est interdit, les livres sont brûlés au lance-flammes. Un feu nourrit qui doit atteindre 451 degrés Fahrenheit pour que le livre s’embrase spontanément. Fahrenheit 451 est donc la température d’auto-ignition du papier.

Comment Ray Bradbury a-t-il trouvé l’information? A l’époque de la sortie du roman en 1953, internet est loin d’avoir vu le jour et donc Ray Bradbury ne pouvait pas simplement interroger Google. Mais il y avait plus simple : Ray Bradbury a juste téléphoné à la caserne de pompiers la plus proche afin de leur poser la question.

En réalité la température d’embrasement instantané du papier dépend de plusieurs facteurs, notamment la  composition du papier et celle de l’encre qui y est imprimée, qui peut en retarder la combustion. Mais l’Histoire gardera en tête ces 451 ° Fahrenheit !

 

Envie de lire “Fahrenheit 451 de Ray Bradbury” tout de suite? Suivez le lien vers le livre :

” Fahrenheit 451 de Ray Bradbury” vous a plu? Pour aller plus loin,

Fahrenheit 451 film

Le premier film adapté du roman est sorti en 1966. Le réalisateur : François Truffaut! Et le film est vite devenu aussi culte que le roman. En voici un extrait ci-dessous. Bien sûr, le film a un peu vieilli (cherchez les tapisseries marron en losange, l’écran cathodique de la télé, les cigarettes qui à l’époque n’avaient pas aussi mauvaise presse…) mais la tension y est toujours bien palpable…

 

Anecdotes sur le film de François Truffaut

C’est le seul film que François Truffaut tournera en anglais. Dans le générique du film, les premières images représentent les antennes de télévision : l’un des principaux moyens de transmission de l’information standardisée de ce monde. Mais ce générique a une grande particularité : il n’y a pas un seul nom d’écrit. Comme dans le monde de Fahrenheit 451, l’écrit est banni. Ainsi c’est une voix off féminine qui annonce les interprètes principaux, le titre du film , le nom du scénariste, monteur, mise en scène… L’ambiance est donnée.

Voici une drôle d’histoire sur des livres qui ont servi d’autodafé …

En 1965, un libraire de province cherche à se débarrasser de son stock de livres. Il y en a tout de même 10000. Pour s’en défaire, il propose à la jeune fille qui s’occupe du magasin l’après-midi de tous les récupérer. La jeune fille est d’accord et promet même de s’occuper de leur enlèvement très rapidement. A son retour d’un voyage de quelques jours le libraire est tout surpris de voir que tous les livres ont disparut. Comment la jeune fille a-t-elle fait? Elle lui explique qu’un homme d’une compagnie de cinéma est venu les chercher. Il avait besoin de 10000 livres pour tourner un film dans lequel de nombreux livres étaient brûlés. Le film : Fahrenheit 451! La jeune fille lui avait seulement demandé £1 par livre!

 

Fahrenheit 451 film de 2018

Eh oui, depuis 1966, aucun autre cinéaste n’avait tenté l’adaptation de ce roman. Alors que nous réserve cette nouvelle adaptation de la chaîne HBO? Pour l’instant, on en sait peu de choses. Mais j’ai pu rassembler ici deux bandes annonces qui permettent de se faire une idée de l’atmosphère du film. Assez tentant !

Bande annonce du film de 2018

Fahrenheit 451 livre

Ray Bradbury était un amoureux des livres. Il disait : “À mes yeux, les bibliothèques sont les véritables matrices de l’univers.”

Son inspiration pour Fahrenheit 451 prend source dans la seconde guerre mondiale et les autodafés nazis de livres écrits par des juifs. Mais il est allé plus loin que l’écriture de ce roman qui a marqué les esprits de plusieurs générations. Inquiet de la survie spirituelle de l’humanité face au matérialisme de la société, il s’était plus tard lancé dans une croisade contre internet, qu’il accusait, “comme la télévision”, d’abrutir les masses. Plus tard encore, à l’ère de l’invasion des téléphones portables, il s’était insurgé : “Nous avons cherché cela. Nous avons élu cette petite chose dans ma poche”, poursuit-il en sortant son smartphone. “Nous avons choisi de tout lui confier”.

En effet, le romancier a plusieurs fois affirmé ses craintes devant un monde qui se centrait sur les Readers Digest, les phrases courtes : tout ce qui peut en soi détruire le concept même de la lecture, de la réflexion et de la connaissance. Il s’inquiétait de voir les connaissances, les communications entre les mains de Google, Facebook…, et de les laisser décider pour nous, de leur avoir abandonné ce pouvoir important. Voici ce qu’il a dit à propos de son roman Fahrenheit 451 : “Vous n’avez pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture; Il vous suffit d’inciter les gens à cesser de lire !”

 

Conversion Fahrenheit Celsius

Alors, la question qui nous vient à l’esprit coté Europe où l’on n’utilise pas les Fahrenheit est : combien de degrés celsius font 451°F? Voila un autre moyen de briller à la machine à café en racontant votre dernière lecture. La réponse à cette question piège : 233°C!

Conversion degre Fahrenheit

Et pour montrer encore plus qu’on est cultivé, on peut même citer la formule de conversion des degrés Celsius aux Fahrenheit :

°F = ℃ × 1.8 + 32

ou des Fahrenheit aux degrés Celsius :

°C = (°F – 32) / 1.8

Mais revenons à la littérature…

Ray Bradbury biographie

Fahrenheit 451 Ray Bradbury
Ray Bradbury

Ray Bradbury était Américain. Il est mort en 2012 à l’age de 91 ans après avoir écrit cinq cents nouvelles, une trentaine de romans, des contes, des poèmes, de nombreuses pièces de théâtre et des scénarios pour le cinéma…

Sa première nouvelle parait alors qu’il a 17 ans et ne s’est plus arrêté ensuite; Il disait lui-même :

“La chose la plus amusante dans ma vie, c’était de me réveiller chaque matin et de courir jusqu’à la machine à écrire parce que j’avais eu une nouvelle idée”

Il ne se considérait pas lui-même comme un auteur de science-fiction malgré tout le succès qu’il a eu avec ses œuvres classées SF. Pour lui, un seul de ses roman est véritablement de la science-fiction : Fahrenheit 451!

“Avant tout, je n’écris pas de science-fiction. J’ai écrit seulement un livre de science-fiction et c’est Fahrenheit 451, basé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le fantastique est une description de l’irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c’est du fantastique”

Il était même réfractaire à l’idée que ses livres puissent être publiés sous forme numérique!

 Et si vous voulez d’autres anecdotes sur cet auteur, je vous invite à lire également l’article sur un de ses autres très célèbres romans : Chroniques martiennes (qui rappelons-le par respect pour Ray n’est pas de la science-fction!)

Ray Bradbury romans

Vous pouvez vous douter qu’avec un auteur aussi prolifique, il est bien difficile de résumer sa biographie. Alors voici une liste absolument pas exhaustive de ses meilleurs romans.

Le premier roman qui va le faire connaître est Chroniques martiennes écrit en 1950. Comme il aime à le faire dans la plupart de ses écrits, par l’intermédiaire d’un monde imaginaire, il y dépeint une  critique de notre société : “un bon moyen de prétendre écrire sur le futur alors qu’en réalité on attaque le passé récent et le présent” dixit Ray Bradbury. Ce roman est rapidement suivi de “l’homme illustré” écrit en 1951.

Puis il enchaine les succès :

  • Les pommes d’or du soleil en 1953
  • Fahrenheit 451 en 1953
  • Le Pays d’octobre en 1955
  • Un remède à la mélancolie en 1958.
  • Le Vin de l’été en 1959
  • Café irlandais en 1963
  • La foire des ténèbres en 1964
  • Je chante le corps électrique en 1970
  • Théâtre pour demain… et après en 1972
  • La colonne de feu en 1975
  • La solitude est un cercueil de verre en 1986
  • Le Fantôme d’Hollywood en 1992 
  • La Baleine de Dublin en 1993

En 1999, une attaque cérébrale l’empêche d’écrire. Il continue pourtant, en dictant ses romans à sa fille.

Pour lui rendre hommage a été créé le prix Ray Bradbury. Ce prix récompense les œuvres d’excellence en science-fiction (quelque soit le support : livre, film, internet, télé, radio, théâtre…).

 

Fahrenheit 451 – extrait

Je vous livre ici les deux extraits les plus forts et les plus significatifs du roman. Toute son essence (oui, le jeu de mot est limite) est là!

“Si vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux avec la politique, n’allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu’il oublie jusqu’à l’existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d’impôt, cela vaut mieux que d’embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours où l’on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récoltée dans l’Iowa l’année précédente. Bourre les gens de données incombustibles, gorgez-les de “faits”, qu’ils se sentent gavés, mais absolument “brillants” côté information. Ils auront alors l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie. Tout homme capable de démonter un télécran mural et de le remonter, et la plupart des hommes en sont aujourd’hui capables, est plus heureux que celui qui essaie de jouer de la règle à calcul, de mesurer, de mettre l’univers en équations, ce qui ne peut se faire sans que l’homme se sente solitaire et ravalé au rang de la bête. Je le sais, j’ai essayé. Au diable, tout ça. Alors place aux clubs et aux soirées entre amis, aux acrobates et aux prestidigitateurs, aux casse-cou, jet cars, motogyres, au sexe, et à l’héroïne, à tout ce qui ne suppose que des réflexes automatiques. Si la pièce est mauvaise, si le film ne raconte rien, si la représentation est dépourvue d’intérêt, collez-moi une dose massive de thérémine. Je me croirai sensible au spectacle alors qu’il ne s’agira que d’une réaction tactile aux vibrations. Mais je m’en fiche. Tout ce que je réclame, c’est de la distraction.”

“En fait, il nous manque trois choses.
« Savez-vous pourquoi des livres comme celui-ci ont une telle importance ? Parce qu’ils ont de la qualité. Et que signifie ce mot qualité ? Pour moi, ça veut dire texture. Ce livre a des pores. Il a des traits. Vous pouvez le regarder au microscope. Sous le verre vous trouverez la vie en son infini foisonnement. Plus il y a de pores, plus il y a de détails directement empruntés à la vie par centimètre carré de papier, plus vous êtes dans la “littérature”. C’est du moins ma définition.
(…)
– Et la seconde ?
– Le loisir.
– Oh, mais nous avons plein de temps libre !
– Du temps libre, oui. Mais du temps pour réfléchir ?
(…)
Et trois : le droit d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction des deux autres éléments. “

Sommes-nous déjà dans le monde de Fahrenheit 451 ?

Ces extraits du roman raisonnent en moi. Internet a pris une place énorme dans nos vies (ce site en fait partie ainsi que ces lignes, paradoxalement). Internet a du bon; nous en sommes tous convaincus : nous y trouvons tous les savoirs dont nous avons besoin (comme par exemple la température de combustion spontanée du papier…), toutes les informations du monde presque en direct. Le meilleur comme le pire, les faux savoirs et les “fake news” aussi. Mais Internet avec son côté immédiat, haché, ses tweets courts… n’est-il pas en train de nous…

“…gorger de “faits”, qu’on se sente gavés, mais absolument “brillants” côté information? Avons-nous alors l’impression de penser,  le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place? Et nous serons heureux parce que de tels faits ne changent pas….”

A méditer…

Fahrenheit 451 s’est-il déjà produit?

Brûler ou cacher des livres, ça ne date pas des nazis, mais de bien avant. Le monde Chrétien s’est construit sur des dogmes qui allaient à l’encontre de la culture des philosophes et scientifiques Grecs et Romains. Leurs écrits ont alors été considérés comme dangereux et interdits. Brûlés ou cachés des yeux de tous, ils ont été rassemblés dans des monastères isolés. C’est le thème central d’un autre roman d’un genre très différent :le nom de la rose. Et si vous voulez en savoir plus sur cette époque, je vous conseille également un très bon essai qui se lit comme un roman : Quattrocento. Vous y découvrirez l’histoire d’un livre qui a longtemps été interdit et qui a changé le monde.

Dernier argument  pour vous convaincre de lire Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Ce roman vient d’être cité par le site du magazine “Elle” comme l’un des 21 livres à lire au moins une fois dans votre vie. Alors en plus, si c’est le magazine Elle qui le dit…

 

Envie de lire d’autres romans d’anticipation ? Voici mes propositions :

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