Peut-on rire de tout? Réponse dans ce livre…

Peut-on rire de tout? Réponse dans ce livre…

Peut-on rire de tout? Peut-on rire avec tout le monde? disait Pierre Desproges à Le Pen (Jean-Marie à l’époque!). Si vous êtes fan, vous l’avez déjà reconnu dans son style si particuliers (je parle de Pierre Desproges bien sûr). Ce comique partit trop tôt a fait rire d’absolument tout y compris de son propre cancer qui l’a emporté! Pour moi un des plus grands. Pour le découvrir (ou le retrouver avec délice), je vous propose de tourner les pages de son “dictionnaire du superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis” qui se lit très (trop ) vite avec un mouchoir dans la main pour éponger les larmes de rire.

Thème :

humour, dérision,  littérature moderne,

L’intrigue :

Intrigue, intrigue? Oui, il est bien intriguant ce dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis, avec son titre à rallonge, ses mots qui sonnent XVIème arrondissement et son concept des plus étranges. Comme un vrai dico, avec les noms communs dans la première partie, des feuillets roses au centre pour les expressions puis les noms propres dans la seconde partie. Mais avec un seul mot par lettre.  Voici comment l’auteur le décrit lui-même :

Voici le plus petit dictionnaire de monde. Il existe sur le marché des dictionnaires imprimés tout menu. Mais, à y regarder de plus près, ils comportent, sous un format réduit, un très grand nombre de mots. Celui-ci est le seul à ne comporter qu’un seul mot par lettre de l’alphabet. A titre de comparaison, je signalerai au lecteur que la dernière édition du Petit Robert comporte 2000 pages, soit, à raison d’une moyenne de 20 mots par pages, 40 000 mots ! Ce qui revient à dire que le Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis comporte 39 994 mots de moins que son plus sérieux concurrent. Des chiffres qui se passent de commentaires et qui expliquent le prix relativement élevé de cet ouvrage hors du commun. En parcourant le Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis, le lecteur sera d’emblée frappé par la clarté de l’ouvrage, à tous points de vue. C’est en effet par souci de clarté qu’il ne comporte que 52 mots, à savoir 26 mots communs et 26 noms propres, séparés par des pages roses pour faire joli. C’est encore par souci de clarté que ces mots ont été répertoriés suivant l’ordre alphabétique, a avant b, b avant c, c avant d, et ainsi de suite jusqu’à z. Il va de soi que les mots écartés du Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis ne l’ont pas été arbitrairement, mais à la suite d’un choix réfléchi et en étroite collaboration avec les plus hautes autorités morales, politiques et religieuses qui se puissent rencontrer dans mon bureau, c’est-à-dire moi et mon chat sur les genoux car octobre est frisquet. Les mots communs volontairement écartés du Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis peuvent se diviser en cinq catégories :

  1. les gros mots, comme bite, couille, liberté, etc.
  2. les mots incompréhensibles, comme zérumbert, galipoute, honk, cancéropaf, etc.
  3. les mots qu’on sait pas si y a deux n, comme conard, cannard, etc.
  4. les mots qui font de la peine, comme enculé.

En ce qui concerne les noms propres, mon choix, totalement serein et exempt de toute objectivité, m’a été essentiellement dicté par l’indifférence à peine polie que m’inspirent couramment les artistes inoubliables ,les monuments impérissables, les villes gorgées d’histoire et les grands révolutionnaires qui se sont fait couper la tête pour que les ouvriers puissent aller s’emmerder au Tréport en attendant septembre.

 L’auteur”
dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis Pierre Desproges en spectacle
Pierre Desproges

3 bonnes raisons de lire  ” Le dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis ” :

Ce titre d’article “peut-on rire de tout” résume parfaitement l’état d’esprit et le type de rire à la Desproges. Voici sa propre définition du rire :

« S’il est vrai que l’humour est la politesse du désespoir, s’il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s’il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout.

Alors vous voulez rire de tout? Vous allez être servi! Pour ma part, voici les raisons qui font que j’adore son style :

  • et du style, il en a ! Pierre Desproges était avant tout un joueur des mots qu’il savait manipuler avec beaucoup de finesse et d’intelligence. Sur un ton sophistiqué qui se moque de lui-même il débite des phrases à rallonge dans un style littéraire de haut vol pour dénoncer la bêtise humaine tout en faisant rire aux larmes.
  • Amateurs de cynisme et d’humour noir, vous allez vous régaler. Car oui, Pierre Desproges rit de tout. Y compris du personnage pédant qu’il campe dans ses sketchs et ses écrits et tourne en dérision. Ajoutez également une grosse louche d’absurde et vous obtiendrez le mélange explosif “humour à la Desproges”. Attention, propos à ne jamais prendre au premier degré évidemment!
  • Le “politiquement correct” est aujourd’hui de bon ton. Il est bien des choses que l’on n’ose dire. L’humour d’aujourd’hui est très conventionnel  : on effleure les sujets sensibles, on fait des blagues sur la forme, pas sur le fond. Si Pierre Desproges revenait parmi nous maintenant, nul doute qu’il enverrait un grand coup de pied dans la “fourmilière”… Et rire de tout, fait un bien fou. Essayez, la vie vous paraîtra plus légère, moins sérieuse.

 

Anecdotes à raconter à la machine à café :

Pierre Desproges était un grand angoissé qui riait pour exorciser ses angoisses. Le cancer était l’un des sujets grinçants qu’il abordait beaucoup dans ses sketchs sans doute par peur de la mort. C’est pourtant un cancer qui l’emportera à 49 ans. Lorsque les médecins le diagnostiquent, ils décident d’un commun accord avec son épouse de ne pas le lui dire. Ainsi Pierre Desproges continuera ses tournées et ses représentations pratiquement jusqu’à sa mort, sans savoir qu’il est condamné. Une histoire bien triste pour un humoriste.

Pierre Desproges ne nous a pas dit comment en rire avant de partir…

Envie de lire “Le dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis ” tout de suite? Suivez le lien vers le livre :

 

” Le dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis” vous a plu? Pour aller plus loin,

Pour en découvrir plus sur Pierre Desproges – les livres

Voici quelques uns des autres ouvrages de Pierre Desproges que vous pourrez lire :

  • Le Petit Reporter
  • Grandes gueules par deux
  • Des femmes qui tombent
  • Les Bons Conseils du professeur Corbiniou
  • Les Réquisitoires du Tribunal des flagrants délires
  • Chroniques de la haine ordinaire
  • Manuel du savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis
  • Vivons heureux en attendant la mort

et bien d’autres encore…

Pierre Desproges et le tribunal des flagrants délires

Et outre ses spectacles, il a également animé à la radio l’émission du Tribunal des flagrants délires” dans laquelle il incarnait un procureur débitant son réquisitoire contre le “coupable” invité du jour. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir son plus célèbre réquisitoire lors de la venue dans l’émission de Jean-Marie Le Pen, et dans laquelle il disait justement :

“Peut-on rire de tout? Peut-on rire avec tout le monde?”

Pour en savoir plus sur ce réquisitoire qui s’est déroulé dans des conditions bien particulières imposées par Le Pen, suivez ce lien…

 

Extrait du dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis

C’est avec délectation que je vous livre ici une des définitions de son dictionnaire, ma préférée (ceux qui me connaissent comprendront pourquoi).

Femme n. f., du latin femina. Être humain de sexe non masculin.

« La femme est le produit d’un os surnuméraire », disait Bossuet qu’on ne saurait taxer de misogynie eu égard à l’exquise compréhension qu’il afficha toute sa vie à l’endroit de la gent féminine, huguenotes et catins exceptées.

Cette définition toute nimbée de délicatesse semble aujourd’hui quelque peu restrictive. La femme, à y regarder de plus près, est beaucoup plus qu’une excroissance osseuse. La femme est une substance matérielle organique composée de nombreux sels minéraux et autres produits chimiques parés de noms gréco-latins comme l’hydrogène ou le gaz carbonique, qu’on retrouve également chez l’Homme, mais dans des proportions qui forcent le respect.

Diversement amalgamés entre eux en d’étranges réseaux cellulaires dont la palpable réalité nous fait appréhender l’existence de Dieu, ces tissus du corps féminin forment les viscères. Certains sont le siège de l’amour.

La femme est assez proche de l’Homme, comme l’épagneul breton. A ce détail près qu’il ne manque à l’épagneul breton que la parole, alors qu’il ne manque à la femme que de se taire. Par ailleurs, la robe de l’épagneul breton est rouge feu et il lui en suffit d’une.

Dépourvue d’âme, la femme est dans l’incapacité de s’élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d’un escabeau qui lui permet de s’élever vers le plafond pour faire les carreaux. C’est tout ce qu’on lui demande.

La femme ne peut se reproduire seule, elle a besoin du secours de l’Homme, lequel, parfois, n’hésite pas à prendre sur ses heures de sommeil pour la féconder. Des observateurs attentifs affirment que la femme prend un vif plaisir dans cette satisfaction de sa viviparité.

La gestation, chez la femme, dure deux cent soixante-dix jours, au cours desquels elle s’empiffre, s’enlaidit, gémit vaguement, tout en contribuant à faire grimper les courbes de l’absentéisme dans l’entreprise.

Au bout de ces neuf mois, le petit d’Homme vient au monde. L’accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l’Homme. Ainsi, il souffre moins.”

Encore quelques perles à la Pierre Desproges

Voici quelques citations que j’adore :

Sur Pierre Desproges lui-même et le monde qui l’entoure :

“C’est plus fort que moi : plus la situation est sombre, plus j’en ris. Juif aux années sombres, j’aurais sans doute contrepété aux portes des chambres à gaz, n’eussent été les menaces du fouet. (j’ai horreur qu’on me fouette quand je contrepète.)”

“Tout petit, je voulais être célèbre et je ne faisais rien pour. À l’école, je m’avérais très vite un élève inexistant. Par goût. J’ai toujours été persuadé – je le suis encore – que les diplômes sont fait pour les gens qui n’ont pas de talent. Malheureusement, il ne suffit pas de ne pas avoir de diplômes pour avoir du talent.”

“L’amour… il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire. “

“J’essaie de ne pas vivre en contradiction avec les idées que je ne défends pas.”

“Que la vie serait belle si tout le monde doutait de tout, si personne n’était sûr de rien. On pourrait supprimer du dictionnaire les trois quarts des mots en « iste », fasciste et communiste, monarchiste et gauchiste, khomeyniste et papiste. “

Sur la mode :

“Est-il Dieu possible, en pleine mouvance des droits de la femme, que des bougresses se plient encore aux ordres fascisants d’une espèce de Ubu prostatique de la mode, qui au lieu de crever de honte dans son anachronisme, continue de leur imposer le carcan chiffonneux de ses fantasmes étriqués, et cela, jusqu’au fin fond populaire de nos plus mornes Prisunic ?
Je t’en prie, ma femme, ma sœur, mon amour, mets ton jean, ou reste nue, mais ne marche pas dans la mode, ça porte malheur.”

Sur les femmes :

“Les femmes n’ont jamais eu envie de porter un fusil, pour moi c’est quand même un signe d’élégance morale.”

Sur la pollution :

“Contrairement à Villon qui stagnait dans le ruisseau j’ai la chance d’habiter en plein Paris une maison qui donne sur un petit jardin. Quelle joie chaque matin d’ouvrir les volets pour entendre tousser les oiseaux.”

Sur les animaux :

“Tous les animaux sont utiles à l’homme, parce qu’ils nous aiment, nous gardent et qu’on les bouffe.”

Sur la vieillesse et la mort :

“Moi j’ai pas de cancer, j’en n’aurais jamais, je suis contre”

“Noël au scanner, Pâques au cimetière.” (Desproges est décédé en avril!)

“Certes, il est pénible de vieillir, mais il est important de vieillir bien, c’est-à-dire sans déranger les jeunes.”

“Conseils aux centenaires : dépêchez-vous.”

 

Envie de lire des romans pour rire? Voici mes propositions :

 

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire un roman pour rire franchement.

 

pole h Jérôme Vuittenez
Pole H de Jérôme Vuittenez, auteur de romans et pièces de théâtre

Pole H de Jérôme Vuittenez parce que le monde du travail dans l’automobile peut avoir certains aspects loufoques voire absurdes…

 

Le diable s'habille en Prada de Lauren Weisberger
Le diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger

Le diable s’habille en Prada : eh oui, il n’y a pas que dans le monde de l’automobile qu’on peut rire de ses déboires au bureau. Le secteur de la mode aussi…

 

 

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